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Rêve mortuaire, ou quand les élèves de troisième s’essayent à la nouvelle !!

mardi 20 mars 2012 par O. Desjours

Rêve mortuaire

Ce voyage était prévu de longue date, l’Amazonie, le rêve, les oiseaux. C’était le paradis de retraite que s’offraient les deux intellectuels Côme K. et Gérard P.

Le paquebot 257 AK à destination de la Guyane française les avaient déposés au port de Régina. Ils avaient loués un 4/4 nommé : « le supersonix ». Leur voyage les mèneraient à Maripasoula à la frontière du Surinam.

Il leur faudrait remonter l’Amazone, ce fleuve sinueux, dangereux, présomptueux et j’en passe.

Sûrement vous dites-vous qu’un 4/4 en Amazonie ne doit pas être très pratique, il est vrai, c’est d’ailleurs pour cette raison que, dès leur entrée dans la forêt, après quelques belles routes, après les chemins boueux, il leur était impossible de poursuivre sur leur lancée avec cette voiture.

Ils abandonnèrent le « supersonix » mais décidèrent tout de même de continuer leur route. D’après eux, la forêt tropicale est moins dangereuse qu’une campagne présidentielle, si on se rate ici, on les oubliera rapidement tandis que sur les plateaux, la moindre fausse note peut vous plonger au bas du tableau, une sorte d’humiliation mondiale.

Malgré leur âge avancé, Monsieur Côme et Sir Gérard avançaient petit à petit. Dans dix-sept jours ils y seraient. Les coups de massues fusaient, ils suaient à grosses gouttes. La chaleur écrasante des journées faisait place à l’humidité totale de la nuit.

Ce sont dans ces moments là que l’on divague, que l’on ne contrôle ni ses actes ni ses pensées. Seules les douces pluies permettent d’appeler l’aide suprême.

« Je vous salue monsieur le juge » s’écriait l’un.
« Mais à qui parles-tu ? Oh que votre blouse est belle ! » s’écriait l’autre.
Mais aucun ne se doutait qu’ils parlaient à des gros rats poilus, noirs comme la nuit et dont les dents ne devaient être l’œuvre seulement « del fuego » comme ils disent au Brésil ! Que diable dis-je ? C’est de l’espagnol.

Mais cette maladie ne s’atténua pas.

« Monsieur, quelles sont vos analyses de la situation si critique soit-elle ? »
« Quelle découverte surhumaine avez-vous encore faite ? » déraillaient-ils ensemble.

Les esprits ne se connectaient plus, quand on confond les scientifiques avec des serpents, les politiques avec des panthères, les maîtres d’école en araignées, ne critique-t-on pas la société toute entière ?

On en viendrait même à penser que le règne animal est supérieur par la pensée à l’homme.

Leurs esprits ne recouvrirent pas malgré tout leurs nuances, même quand ils entrèrent dans une ville, plutôt inconnue, qui semblait sortir de nulle part. De paille était le soleil, d’ocre étaient les toits des maisons.

« Pélonia » la pancarte affichait fièrement son appartenance à ce pays, le Brésil.

Messieurs Côme et Gérard arrivèrent, déboussolés, à l’extrémité du hameau/village/grande ville, la définition semble incorrecte.

Dans cette contrée, les cimetières et le culte de la mort sont essentiels. C’est en haillons et nus pieds qu’ils arrivèrent dans ce cimetière.

Un groupe de personnes tout de noir vêtu, entourait une tombe. Un cercueil trônait et était prêt à être descendu pour l’éternité. La souffrance des personnes se lisait sur leurs visages. Les voiles ne cachaient pas les larmes de tristesse.

Quand Côme se retourna, Gérard avait disparu.

Le cimetière était maintenant contenu dans une boîte gigantesque mais personne ne semblait s’en douter.

« Quelle est encore cette magie qui me joue des tours ? » s’écria-il.

Malgré cela, l’attroupement occasionné par la mort de ce personnage ne semblait pas gêné par cette boîte de bois.

Quand soudain un homme prit la parole, Côme semblait déjà l’avoir connu dans la passé mais ne se rappelait plus :
« Que repose en paix notre bien-aimé Côme, lui qui venait de si loin ».
Un noir. Un vide profond.

Soudain Côme ouvrit les yeux, le noir, il palpa l’endroit où il était. Il était dans une boîte, et à sa taille en plus.

Il était allongé. Quand le plus terrible arriva. Il sut où il était.

Il était dans sa tombe.

Guillaume B. et Christophe D.


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